2002-2006 I COUPES

Soit, après la graine et la feuille, le premier objet issu du travail humain qu’il choisit comme motif générateur de formes-figures : le bol ou la coupe ou la coupelle. Un récipient vieux comme le Néolithique. Et bien plus dans le souvenir des deux mains jointes pour boire. Par quel satori initial du regard et du toucher – car ses mains enveloppent les objets en survol plutôt qu’elles ne les saisissent – cet ustensile premier a-t-il été élu par lui ? Un ravissement soudain.

La puissance poétique de l’œil et de la main sur le plus banal des équipements du quotidien en réinvente tout à coup et la fonction et l’usage. Reproduite en cire, en plâtre, en terre, cette coupe se multiplie en exemplaires de tailles variées, lesquels s’assemblent suivant une combinatoire qui fait naître dans l’espace de nouvelles figures.

Ainsi s’ouvre au milieu des années 2000 le cycle des coupes, donnant corps à de nombreuses créatures, telles les femmes accompagnées de fillettes ou encore les dormeurs et les rêveurs.

Arnauld le Brusque